jeudi 8 septembre 2016

Célestine, la femme à barbe : Rencontre avec une coiffeur-barbier !

Tinta, à Strasbourg, c'est un salon de tatouage réputé, avec une grande salle dont la déco est d'inspiration asiatique.
Mais à l'entrée du shop, c'est une autre pièce, éclairée par la grande vitrine, qui accueille les visiteurs. Un fauteuil en cuir, un joli miroir, de beaux produits, des peignes, des lames de rasoir ... Cette partie-là de Tinta, qui sonne joyeusement vintage, c'est le domaine de Célestine, coiffeur-barbier.
Pour un service à l'ancienne, dans un univers stylisé, travaillé.
Rencontre avec une passionnée des barbes et des coiffures rétro !




"Dans les années 50, les hommes ne portaient pas la barbe. On allait chez le coiffeur pour se raser et se faire une coupe une fois tous les 3-4 jours, pour être propre. Ce savoir-faire a disparu quand est arrivé le rasoir jetable."
"Malgré tout, le métier est resté dans pas mal de pays comme aux Etats-Unis, où les mecs souhaitaient garder ce côté-là, cet univers masculin."

En France, les coiffeurs-barbiers refont tout doucement surface depuis quelques années, motivés par une sincère passion du rétro qui gagne les cœurs, ainsi qu'une volonté de s'éloigner du chemin où la société de consommation nous a trop vite emmené, pour repartir en quête de sincérité, de durable, ...

Célestine s'inscrit totalement dans cette démarche : "On est en recherche d'un savoir-faire unique, du côté artisanal du métier. C'est exactement comme quand on va acheter ses fruits et légumes chez un petit producteur, ou qu'on va préférer aller dans un petit resto plutôt que dans un établissement tenu par une grande chaîne."
Sans jamais se départir de son sourire naturel et doux, qui la caractérise si bien, elle m'explique : " J'ai toujours aimé l'univers masculin, le style à l'ancienne. Et j'apprécie depuis longtemps de travailler avec des matériaux nobles, par opposition à cette société de consommation où tout est jetable ..."
"J'utilise beaucoup de produits américains. Ou s'ils sont européens ils viennent d'Amsterdam ou de Berlin principalement, car il est difficile d'en trouver autrement."
"Ces produits sont à l'ancienne, vraiment rétro. Ils sont non seulement efficaces mais ils ont aussi un petit truc en plus, un joli packaging, un chouette univers. Je ne me voyais tout simplement pas utiliser des produits qui manquent d'âme, qu'on trouve partout. Par exemple pour le rasage j'utilise une vieille marque italienne."
"De plus, ce sont des produits bio, non testés sur les animaux. C'est quelque chose qui me tient très à cœur. Notamment parce que ma copine est vegan."
"Pour ce qui est des brosses, elles sont en bois de poirier, avec des poils de sanglier."

On comprend immédiatement la démarche authentique qu'a adopté Célestine, cette inspiration du rétro qui n'est pas tant nostalgique, mais qui sonne plutôt comme une quête de qualité, et même d'une autre façon de vivre. Ce travail ne se lit d'ailleurs pas qu'à travers sa recherche de l'excellence dans les produits qu'elle utilise, mais également dans sa technique.

Elle évoque le métier de coiffeur-barbier traditionnel : "C'est vraiment quelque chose qui se perd. Les techniques ne sont pas apprises au CAP coiffure. Un dégradé aux ciseaux ne se fait plus par exemple, on préfère le rasoir histoire de gagner du temps, et c'est dommage pour ceux qui souhaitent se coiffer vraiment à l'ancienne."



J'en profite pour l'interroger sur son parcours :  "J'ai appris sur le tas, en coiffant des potes à la maison, j'ai toujours adoré faire ça. Mais je n'ai pas suivi un apprentissage vers 15 - 16 ans contrairement à la plupart des coiffeurs."
"Après mon bac, j'ai fais STAPS puis j'ai poursuivi mes études dans le domaine "sport et inadaptation sociale" mais je ne m'y plaisais pas, le métier ne ressemblait pas à l'image que je m'en étais faite. J'ai vite bifurqué."
"Grâce au visa Working Holliday, qui permet de voyager et travailler en même temps, j'ai passé un an au Canada. J'ai réalisé qu'il y avait pas mal de barbiers ! J'ai pas mal bougé aux Etats-Unis aussi, à Boston, San Francisco, Los Angeles, ... Là aussi il y avait déjà beaucoup de coiffeurs-barbiers alors qu'en France, si les hommes aimaient déjà porter la barbe, ils n'en prenaient pas soin."
"De retour sur Strasbourg j'ai fait un CAP de coiffure, c'est une étape obligée quand on veut devenir coiffeur-barbier. J'ai trouvé un patron sur Montpellier pour mon apprentissage. J'ai eu la chance de bosser avec une femme qui m'a appris la technique à l'anglaise, cela m'a permis d'acquérir une base de technique pure."

Un parcours quelque peu atypique pour cette passionnée qui a clairement trouvé la voie qui lui convient.
Elle n'a d'ailleurs pas perdu de temps car à peine son apprentissage à Montpellier terminé, elle a immédiatement pris la direction de Strasbourg pour ouvrir son shop, en compagnie de son frère, Moustache, tatoueur.

Pourquoi Strasbourg alors ? "Nous sommes alsaciens, Strasbourg est notre ville, c'était donc une évidence d'ouvrir notre magasin ici !"

L'alliance entre un tatoueur et un barbier à de quoi surprendre, mais surtout séduire ! A ce sujet, elle précise : "Les univers tattoo et coiffeur-barbier marchent très bien ensemble, ils sont assez similaires. Ça se fait déjà beaucoup aux Etats-Unis d'ailleurs, pas mal à Paris aussi."
Plus encore qu'une idée que je trouve personnellement très cool, cela ouvre aussi la porte à un échange de services des plus sympathiques : "Les gens peuvent venir prendre rendez-vous pour un tattoo et une taille de barbe en même temps. Ou bien ils peuvent profiter de l'attente avant de se faire tatouer pour se faire coiffer, par exemple."

Cela permet aussi d'accueillir les hommes dans un univers différent, où ils peuvent se sentir immédiatement à l'aise, ainsi que le confirme la sémillante Célestine : "Les hommes ont toujours horreur d'aller chez le coiffeur, parce que ce sont des lieux qui manquent d'âme."
"Nous avons souhaité mon frère et moi faire un lieu qui nous ressemble, on y a mis tout notre cœur."

Cette volonté d'investir sincèrement les lieux se ressent immédiatement. Dès l'entrée, on est accueilli par une jolie pièce lumineuse, aux teintes pastels, aux meubles rétro, à quoi s'ajoutent des vieilles publicités et des planches de tattoo. Tinta est définitivement le genre de lieu vivant, vrai, où se sent tout de suite bien. Enfin, on a le sentiment d'être "chez soi", de retrouver là la plénitude de son propre univers.

Et en cela, c'est un véritable changement, un de plus, que propose Tinta. J'avoue que pour ma part je déteste également aller chez le coiffeur, parce qu'au final je ne m'y sens pas bien, cette fameuse impression qu'on ne devrait presque pas être là, cette gêne, cet univers aseptisé, ... Chez Tinta, c'est différent.

Moustache et Célestine ont parfaitement réussi à faire vivre ce lieu. Et en plus ils ont la chance de travailler ensemble, eux qui sont si proches.

"On parle souvent du rétro comme d'une simple mode. Mais au final, si cette mode permet de retrouver ce genre de lieu, des coiffeurs-barbiers, alors je trouve cela formidable !"
"J'aime autant la barbe que la coiffure, je me plais vraiment dans mon métier, et je crois en cet endroit."

Célestine ajoute : "Je fais autre chose que la taille, parce qu'il y a aussi un service sympa, ce côté intime avec un seul fauteuil. Cet accueil, cette écoute du client, c'est aussi ça qui peut faire la différence. C'est vraiment important pour moi de ne pas être dans le speed mais bien au contraire de proposer un moment chaleureux."
On retrouve ici pleinement tout cet univers que Célestine a su amener à Strasbourg.



Et c'est tout cet ensemble harmonieux, depuis les produits, la technique, et le service, qui séduit une si large panel d'hommes.
"Parmi les clients qui viennent, il y a bien sûr des puristes, qui sont vraiment rétros, mais pas que ! Il y a aussi des hommes qui ont toujours aimé le vintage sans oser se coiffer à l'ancienne. Il y a aussi ceux qui viennent simplement pour un service de qualité, que ce soit de coiffure homme ou de barbe. Pas mal de mecs veulent aussi une coupe plus actuelle, ou une à l'anglaise qui va être plus graphique. Au final, c'est très varié. On peut vraiment faire plein de choses !"

"Pour ma part, je préfère une belle coupe, bien exécutée à l'ancienne, qu'une coiffure tribale dans le je sais m'adapter à toutes les demandes des clients."
genre des footballeurs. Cependant,
"Ce que j'aime, c'est ce côté artistique. A l'époque, on reconnaissait à la coiffure d'un homme le barbier chez qui il allait. C'est vraiment bien de pouvoir retrouver cela."

Je lui demande alors si elle accepterait également les femmes parmi ses clientes : "J'ai déjà coiffé des femmes et je n'hésiterais pas à le refaire. En tant que femme ayant les cheveux courts, les coiffeurs-barbiers m'ont trop souvent fermé la porte, refusant de me coiffer. Pour ma part, je ne fonctionne pas selon un raisonnement binaire. Si une femme a les cheveux courts, je peux très bien la coiffer. En revanche, si elle a les cheveux longs et qu'elle me demande une coupe très sophistiquée, je préférerais l'orienter vers un autre de mes collègues, car ce n'est pas ma spécialité."

Avant de terminer l'interview, je ne peux m'empêcher de lui demander d'évoquer la question de la place de la femme parmi les coiffeurs barbiers. Elle me répond avec gentillesse : "Bien sûr, je souhaite faire évoluer ce métier, dans le sens où ce n'est pas parce qu'on est une femme, et donc qu'on n'a pas de barbe, qu'on ne sait pas la tailler ! Les deux ne sont pas incompatibles !" Rigole-t-elle avant d'ajouter : "Il faut évidemment faire face à une certaine appréhension, à des remarques telles que : est-ce que vous êtes sûre que vous savez le faire ?"
"En fait, c'est comme pour tout, quand on est une femme, on doit toujours prouver qu'on est douée dans notre domaine, on doit faire deux fois plus nos preuves. C'est un challenge supplémentaire à relever !"

Si Tinta vient tout juste d'ouvrir, Célestine n'aura certainement pas longtemps à faire ses preuves : sa technique, sa passion, suffiront largement à lui permettre de trouver la place qu'elle mérite parmi les coiffeurs-barbiers de renom.

Retrouvez Célestine sur la page Facebook de Tinta !


Egalement sur le site internet de Tinta, tatoueur et coiffeur-barbier !









3 commentaires:

  1. Whouah ce design est magnifique ! L'ambiance qu'il doit y avoir dans ce salon doit être incroyable. Ce n'est pas tout à fait la même ambiance chez mon coiffeur barbier bordeaux, c'est différent mais sympa aussi :)

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    1. J'y suis allé au barbier bordeaux c'est vrai que c'est la même ambiance surtout qu'ils sont cool la bas ;)

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